Bayonne (15/08/2017 - tarde) : Le triomphe d'A Lopez-Simon , la symphonie d'E Ponce...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
Une arène très bien remplie, un résultat d'ensemble positif et des spectateurs qui repartent satisfaits de Lachepaillet, la goyesque du 15 août a parfaitement rempli son office.

Le lot de Garcigrande/Domingo Hernandez à l'exception du très compliqué deuxième s'est avéré de bonne compagnie et trois d'entre eux (3,4 et 6) s'avérèrent franchement collaborateurs.
Alberto Lopez Simon sembla transfiguré par rapport au torero poussif et sans âme du début de temporada, Enrique Ponce démontra au 4ème toute la classe et la maestria de son toreo, quant à Curro Diaz ce n'est pas d'envie qu'il manqua mais plutôt de pouvoir , sa récente blessure et la voltereta subie à Azpeitia semblant peser sur sa condition physique.

Enrique Ponce
Le premier de l'envoi, corpulent avait un galop pesant dans le capote ordinaire de l'enfant de Chiva. Après deux piques, le Garcigrande ne conservera pas un grand moteur. Sans trop l'obliger, dans une tauromachie à mi-hauteur Ponce va construire une faenita pour l'essentiel gauchère agréable mais sans grande profondeur. Nabucco a beau résonner dans l'enceinte, l'émotion des grands jours n'est pas vraiment au rendez-vous. Epée basse au 2ème essai. Saluts.
Changement de programme et de dimension avec le 4ème. La faena que va construire le valencian, sera donnée dans le terrain des piques sur quelques mètres carrés.
Le Domingo Hernandez, va répéter ses charges (avec une moindre clarté et intensité sur le côté gauche) laissant libre cours aux inspirations du maestro Ponce.
Commencée à droite de très belle manière avec temple et rythme, la faena va baisser d'intensité le temps de la série gauchère initiale. A la deuxième le problème est réglé et les naturelles seront de belles factures. On notera par la suite deux séries droitières en rond, la main basse et le corps relâché qui feront rugir Bayonne au son des charriots de feu. Les doblones de fin et les passes ornementales surligneront tout en fluidité le bel ouvrage. La conclusion avec l'épée ne fut pas à la hauteur de la faena et la conclusion en 4 temps sera médiocre et laborieuse. Après l'ovation au toro, la vuelta du torero exigée par le public est torride.

Curro Diaz
Il eut l'infortune de tomber sur le chat noir de l'envoi. Averti dès les premières passes de cape, Diaz verra le 2ème (un Domingo Hernandez) confirmer ses mauvaises manières au picador en allant par deux fois chercher l'encolure du cheval. Le toro est impossible à gauche et imprévisIble à droite. La faena sera très courte et la conclusion aux aciers très prudente. Huées majoritaires.
Avec le 5ème (Garcigrande), Curro tente d'obtenir le desquite. Cela ne sera pas le cas au capote ou il se fait avertir par un extraño. Avec la flanelle, les passes resteront profilées. On sent bien l'envie, mais aussi l'effort que s'impose le natif de Linares pour lier au plus près les passes tout en essayant de soigner l'esthétique. Si l'effort est louable, le résultat est contrasté et manque de liaison. L'épée est basse mais rapidement concluante, l'oreille qui tombe du palco un brin généreuse bien que demandée par une courte majorité.

Alberto Lopez-Simon avait triomphé l'an passé dans ces arènes, bis repetita en 2017.
Depuis sa rupture avec Julian Guerra, on le dit transformé, en tout cas sans ce guide omniprésent et suffocant, le maestro de Barajas semble avoir remis de l'ordre dasn ses idées. Il faut bien dire que le 3ème (Domingo Hernandez) fut un idéal collaborateur des deux cornes, répétant ses charges avec continuité et sans vice. Encore fallait-il savoir en profiter, ce que fit le madrilène en faisant preuve d'une surprenante douceur et suavité, le sommet de sa faena se constituant de deux séries liées de la gauche avec cadence. Le reste de la faena souligné par le concerto d'Aranjuez verra Lopez Simon, a gusto, enchaîner les passes sans temps mort. Le public adhère totalement et après une entière rapidement concluante, les deux oreilles tombent sans coup férir du palco.
Avec le dernier (Domingo Hernandez), mal piqué, la faena sera plus encimiste et de moindre impact. Les passes se font plus sur le passage, mais le noble animal se laissant faire, les séries sont liées entre elles. Au son du très basque Ostion, Lopez Simon répète les séries des deux mains et profite de la mobilité de son adversaire. Sans trop s'engager, il place une entière qui fait tomber rapidement le toro. Deux oreilles (la 2ème ne s'imposait pas vraiment).

 

Bayonne
corrida Goyesque
3/4 d'arène
6 toros de Garcigrande (1 et 5) et Domingo Hernandez (2,3,4 et 6)
12 piques - cavalerie Heyral

Enrique Ponce saluts/vuelta
Curro Diaz sifflets/oreille
Alberto Lopez Simon 2 oreilles/2 oreilles

ont salué Vicente Fernandez Martin et Jesus Gracia au 3ème, Morenito d'Arles au 5ème et Domingo Siro au 6ème

Philippe Latour

 


Voir le reportage photographique : Philippe Latour