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Dax (15/08/2017 - tarde) : sortie à hombros pour Ginès Marin...

La Féria de Dax touche à sa fin. Après la corrida entretenue de Pedraza de Yeltès, retour à l’ordinaire avec une corrida d’El Ventorillo, justes et hétérogènes de présentation quoique bien armées. Peu présents au cheval, ils ont fait preuve de plus de soumission que de noblesse à la muleta. La plupart ont manqué de race et ont fini sosos. Il a fallu la détermination de Ginès Marin pour voir des faenas qui, sans atteindre les sommets, suscitaient un peu d’intérêt. Galvan et Galdos n’ont pas pu ou su tirer partie de toros décastés.

Le premier, mal mis en suerte a pris deux picotazos sans pousser. Il tombe dès les premiers muletazos à droite. Dès que le torero le sollicite un peu trop, le toro fléchit. David Galvan cite et conduit le toro à mi hauteur pour enchaîner des séries de passes appliquées. Malheureusement le toro, juste de forces, a une demi charge. Il ne transmet aucune émotion sauf quand, comme souvent les toros faibles, il serre le torero après s’être arrêté à mi-passe. Galvan salue au tiers après une entière en avant.

Ginès Marin est un des toreros en vue du moment. Il reçoit à la cape le second avant de la mettre en suerte (pas très bien) pour qu’il prenne deux picotazos. Le toro est en effet faible et il faut l’économiser. Le toro est noble mais plus collaborateur docile qu’adversaire. Il y a un monde entre la naïveté de l’animal et la maîtrise technique du torero. Marin enchaîne sans forcer son talent de bonnes séries des deux mains. Tout cela est bien fait mais cela manque d’émotion, voire de consistance par la faute du toro. Tout cela ressemble à l’entraînement d’un tennisman professionnel face à un joueur non classé. Ginès Marin coupe une oreille après une entière dans le rincon.

Le troisième n’humilie pas dans le capote de Joaquin Galdos. Il a tendance à envoyer un coup de tête à la fin de chaque passe. Il prend une bonne pique en poussant et un picotazo. Après avoir brindé au public, le péruvien double le toro avec énergie. Le bicho, en début de faena est noble et a un peu d’alegria. Le torero le cite de loin pour des séries des deux mains. Le péruvien torée « cassé en deux » et sans profondeur. Il y a des muletazos intéressants dans cette faena mais il manque de la part du toro et du torero le petit brin de transmission qui donnerait du relief à un enchaînement de passes quelque peu tristounet. Le péruvien tue d’une demie basse qui provoque une hémorragie.

Le quatrième est bien présenté et surtout bien armé. Il se défend lors de ces deux rencontres avec le cheval. Le toro est manso. Il faut lui imposer une lidia autoritaire pour l’obliger à passer et se livrer un peu. David Galvan est dépassé par la situation, recule à chaque passe qu’il réussit à arracher. Le toro est de plus en plus compliqué et prend le dessus sur un torero lui aussi sur la défensive. Galvan tue d’une épée contraire et en arrière. Son puntillero, extrêmement maladroit finit par provoquer l’ire du public.

Le cinquième est bien armé et humilie. Il est peu piqué. Après un bon tercio de banderilles, il arrive gazapon à la muleta. Le début de faena de Ginès Marin est brouillon. Il arrive même à être mis en difficulté par un toro soso. A mi faena, le torero se reprend et enchaîne quelques bonnes séries des deux mains. Il fait monter la tension sur les gradins par des adorños trémendistes mais non dénués d’élégance. Marin s’engage et porte un grand coup d’épée très efficace. Le public obtient une première oreille justifiée. Il en réclame une seconde qui l’est moins quand on considère le début de la faena. Le torero, insolence de la jeunesse, s’octroie une seconde vuelta et le public siffle la présidence qui a pourtant eu raison de ne pas accorder de second trophée.

Le sixième est, comme beaucoup de toros de cette Féria, très mal piqué. Il est manso et se défend à chaque passe. Joaquin Galdos commet l’erreur de ne pas le doubler. Il est très vite dépassé par un toro compliqué et très vite décomposé. La dernière faena de la Féria 2017 se termine par une estocade basse et en avant et surtout par des sifflets adressés au torero et au toro. On passe ensuite à l’Agur, final musical des Fêtes de Dax et pour lequel une grande partie du public était venu.


Fiche –technique
Dax, dernière corrida de la Féria 2017
6 toros d’El Ventorillo hétérogènes de présentation, soso et manquant de race pour :

David Galvan : salut au tiers, silence
Ginès Marin : une oreille, une oreille
Joaquin Galdos : silence, sifflets

4 piques et 8 picotazos, cavalerie Bonijol
Poids des toros : 53O, 51O, 515,480, 515,535 kg
Président : Franck Lanati
Ciel couvert
Lleno d’un jour d’Agur

Thierry Reboul