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Béziers (14/08/2017 - tarde) : Gris, c'est gris... Les Victorino's déçoivent...

©ElTico
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Annoncé à grand renfort de communication comme l'un des évènements majeurs de la Feria 2017, le retour des toros de Victorino Martín sur le sable des Arènes du Plateau de Valras de Béziers aura déçu plus d'un aficionado... Et il faut croire que le message était bien passé puisque l'entrée, en rapport avec celle du cartelazo proposé hier, était plutôt satisfaisante. Aussi, ils étaient nombreux à copieusement siffler les dépouilles des trois premiers exemplaires du Sorcier de Galapagar, qui ont passé plus de temps de leur vie publique affalés qu'au combat.

Ce fut un peu mieux avec les trois derniers, le cinquième notamment, exigeant et très mobile, à la Victorino quoi, qui marqua les limites du jour d'un David Mora à la dérive, atteint moralement et physiquement par son combat, connaissant en plus un naufrage aux aciers. Le dernier, avant de s'éteindre comme ses frères, aurait peut-être demandé un autre traitement... Mais on ne peut pas demander à un Mehdi Savalli plein de bonnes intentions mais en manque de pratique, les mêmes choses qu'à un David Mora placé cette année sur les meilleures trajectoires pour réaliser une belle temporada. Surtout qu'on doit à l'arlésien les seuls moments d'alegria de la course, lors de la réception de cape du sixième, notamment et aux banderilles où sa générosité lui attire toujours autant les faveurs du public biterrois. Quant à Manuel Escribano, après s'être envoyé un lot infummable d'Adolfo Martin pas plus tard qu'hier à Dax, il se coltina deux Victorino's sans aucune option de succès aujourd'hui à Béziers... De quoi se demander, après l'indulto de "Cobradiezmos", on en est si loin alors que c'était le 13 avril 2016 à Sévilla, si tous les comptes sont réglés avec la Maison Martín...
Bref une tarde à bien vite oublier... Tout en espérant que la deuxième corrida toriste du cycle, la désormais légendaire Miurada biterroise du 15 août, fera oublier la précédente sortie française de la marque à Céret...

Laurent ElTico Deloye

 


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier du lot sembla être juste de force dans le capoteo de salida de Manuel Escribano. Au tercio de piques, le torero de Gerena s'évertua à mettre en suerte soigneusement son Victorino pour deux rencontres très légères. Escribano invita Savalli à partager le tercio de banderilles, ce qu'ils réalisèrent avec succès. L'andalou se démarquant par un quiebro millimétré, posé al violin. Brindis à Tomas Cerqueira. Au dernier tercio, le Victorino se montra sans charge et sans aucune race. Après des tentatives infructueuses sur les deux rives, Escribano abrégea fort logiquement ce pseudo combat. Mort en deux temps. Silence.
Le second d'Escribano resta court dans le capote, obligeant l'espagnol à le lidier par fuera. L'astado ira par deux fois au cheval, semblant s'endormir sous un fer maladroit. Après un tercio de banderilles réalisé par ses soins, Escribano dédia son combat aux tribunes. Lors de l'ultime tiers, le Victorino manqua cruellement de race. L'andalou réalisa une faena ambidextre comportant quelques bons passages mais l'ensemble resta tout de même sans grande émotion. Il tua par une entière trasera et caida suivie d'une lame atravesada concluante. Silence après avis.

David Mora fit rugir les tendidos lors d'une réception par de vibrantes veroniques où le toro avait tendance à sauter à chaque fin de capotazo. Face à la cavalerie, le Victorino prendra deux rations de fer dont la seconde trop appuyée, vu la faiblesse palpable de l'animal. Dès les premiers muletazos, le bicho confirma ce manque de solidité devenant au fil des minutes de l'invalidité. Après une série droitière, le Victorino se coucha et il fallut l'aide des subalternes pour le relever. Face à ces conditions, David Mora écourta sa prestation et tua d'une épée d'effet rapide. Silence.
David Mora salua le cinquième par des veroniques heurtées avant de conduire son opposant pour deux puyas sans relief. Au dernier tiers , le Victorino aura eu le mérite de tenir debout contrairement à ses prédécesseurs et posa son lot de complications en se retournant dangereusement sur les chevilles du madrilène. Devant cette féroce adversité, Mora fut débordé et n'arriva jamais à peser ou dominer son sujet. Une mort très défectueuse n'arrangea rien, faisant ainsi descendre des sifflets nourris des travées. Silence après deux avis.

Mehdi Savalli salua par un capoteo très dynamique et personnel son premier Victorino, recueillant à l'issue une chaleureuse ovation. Cette exemplaire aux antérieurs déficients prit deux piques dont la deuxième rectifiée. Au second tercio, Mehdi et Escribano se distinguèrent par un tiers de banderilles réalisé avec brio. A la muleta, le Victorino accumula les genouflexions. Face à cette absence d'adversaire, Mehdi, poussé par le public, parvint tant bien que mal à arracher quelques muletazos inespérés. Silence après une mort en trois assauts.
Mehdi salua le dernier de l'envoi par un capoteo fleuri et enlevé. L'arlésien prit soin de bien amener son brave Victorino au cheval pour deux piques bien exécutées. Au tercio de banderilles, Mehdi mit le public debout, clouant trois paires pleines d'aisance et d'alegria. A la muleta, le toro se montra court de charge, baissant de ton en fin de trasteo. Mehdi, très volontaire, essaya de construire une faena mais le manque de race et de transmission de l'animal empêchèrent toute prise d'envergure à ses efforts. Épée basse d'effet rapide. Silence.


Arènes de Béziers (34)
1/2 plaza
Lundi 14 août 2017 à 18h
6 toros de Victorino Martin
Poids : 555 , 540 , 544 , 550 , 535 , 550.
Durée : 2h25
Temps mitigé

M.Escribano : Silence / Silence après avis
D.Mora : Silence / Silence après deux avis
M.Savalli : Silence / Silence

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico