Istres (15/06/2014) : Joselito triomphe en Grand...

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Photo : Daniel Daudet
Photo : Daniel Daudet

 Etant physiquement absent d'Istres en ce dimanche de "réapparition", je m'en voudrais d'empiéter sur la chronique d'Anthony Pagano qui va suivre... Présent par le coeur (et par sms...) dans les arènes du Palio, j'ai ce soir une pensée pour l'empresa des arènes et son équipe.

Il est un adage qui prétend que "La chance sourit aux audacieux". On peut plus que jamais y croire. Car comment imaginer que le temps se soit à ce point arrêté qu'il autorise un tel triomphe après plus de 10 ans d'absence ? Comment se jouer de prévisions météorologiques des plus pessimistes pour que le spectacle ait tout de même lieu, et avec quel succès ? 
"A coeur vaillant, rien d'impossible..." Autre adage. 
Chapeau, les artistes...
Quel nouveau défi à relever en 2015 ?
 
Laurent Deloye ElTico
 
 
 
La chronique d'Anthony Pagano : 
 
"L'art c'est ce qui perdure, le reste, le temps se charge de l'effacer" (Morante de la puebla)
 
Telle est une citation du Sévillan et elle se confirma aujourd'hui, les trois milles aficionados ont eu le privilège d'assister à une corrida qui restera longtemps, longtemps dans les mémoires. Certains le surnomme "Dieu", Jose Miguel Arroyo à repris aujourd'hui le chemin du ruedo après un décennie sabbatique. Pour sa part le jeune Français  Cayetano Ortiz avait fort à faire pour tirer son épingle du jeu et il fit face au premier toro de l'après midi. Mais c'est bel et bien les deux faenons, magistraux du Madrilène que nous retiendrons et celui de Morante. Morante de la Puebla, déboucha le flacon face au cinquième toro, dans une faena haute en émotions. Deux Maestros, trois faenas, des dizaines de muletazos divins, des centaines de "olés", et des milliers de frissons parcourant le corps.
 
Bref, vous l'aurez compris, une après midi inoubliable. Joselito va t'il se revêtir de lumières prochainement? Nous l'esperons...
 
Jose Miguel Arroyo, enchanta dès l'entame au capote par de belles véroniques et un quite par véroniques en tablier. Il brinda sa faena au public et l'on vit rapidement que malgré tant d'années sans toréer il n'a absolument rien perdu. Il débuta par une série à droite, avec relâchement et temple, décrochant la musique. C'est sur la mélodie de "L'hymne à l'amour", magnifiquement interprété par l'orchestre Chicuelo II que se donna ce faenon. Le toro cependant fut noble et mobile mais manquant de transmission, mais les divins muletazos de Joselito firent oublier tout cela. Il coupa deux oreilles après entière en place au troisième essai. La faena au quatrième (brindée à Morante de la Puebla) fut autant chargée en émotions. Accompagné par "Le Concierto de Aranjuez", Josélito donna une nouvelles oeuvre d'art qu'il est difficile de retranscrire à l'écrit. Malgré un toro noble mais juste de force, le madrilène enchaina là aussi les séries avec temple, douceur et technique. Deux oreilles et la queue après lame entière tombée. 
 
Morante de la Puebla, dut composer avec le troisième hésitant, et à la charge désordonnée. Possédant un fond de noblesse, le toro permit à Morante de donner de bonnes naturelles mais pas de construire de faena. Il salua après une entière en place. A sa sortie du toril le cinquième toro ne s'intéresse guère au capote et au cheval. Muleta en main, le Sévillan se montra d'emblée inspiré et dans de belles séries droitières avec temple, douceur. Par la suite le toro, répétait avec noblesse et transmission dans la muleta parfaite de Morante. Lors de cette faena principalement droitière l'Andalou allia douceur, temple et toreria. Il coupa une oreille après entière en place et descabello.
 
Cayetano Ortiz, vit son toro d'alternative changé car il sortit du toril avec la corne droite brisée et il dut l'estoquer en piste car le toro ne voulut pas regagner le toril. Avec le premier bis, Gaëtan donna en premier lieu de bons détails à la cape. Après la cérémonie d'alternative il débuta de belles manières sur la corne droite. Ce toro noble et répétant permit au biterrois de toréer avec temple et relâchement en montrant technique et intelligence au long de la faena. Le toro manqua de transmission et alla a menos,  mais cayetano laissa une belle impression. Il termina par manoletinas serrées et fut récompensé par une oreille après une épée en place au deuxième envoi. Il attendit le dernier à Portagayola et enchaina avec de bons détails au capote. Il dédia son combat au public et réalisa ensuite une faena technique et volontaire lors de laquelle il donna de bonnes séries sur la corne droite.  Le toro baissa de régime en milieu de parcours mais Cayetano  s'adapta et continua sur sa lancée. Il termina par manoletinas et le non-succès à la mort le priva d'un deuxième trophée qui aurait été synonyme de triomphe.
 
 
Anthony Pagano
 
 
Fiche technique :
 
Cinq toros de la ganaderia "Garcigrande" et deux de celle de "Domingo Hernandez" (5 et 6). Bien présentés, juste de têtes et de forces. Aucune réelle bravoure exprimée lors des piques et inégaux de jeu lors du troisième tiers.
 
 
Dimanche 15  Juin 2014. 18h00.
Entrée : Plein de "no hay billetes".
Temps : Très couvert avec passages pluvieux.
Durée de la course : 3h15.
 
Rencontres avec la cavalerie d'Alain Bonijol : 7.
 
Poids des toros : 500, 500, 515, 495, 500, 520 et 525 kgs.
 
A noter :
- Joselito effectuait aujourd'hui son retour dans les ruedos après onze années sans toréer.
- Joselito et Cayetano Ortiz se présentaient dans les arènes d'Istres.
- A l'issue du paséo, Joselito à reçut une ovation du public et invita ses compagnons de cartel à la partager avec lui.
- Le premier toro fut changé et remplacé par un toro du même elevage.
- Cayetano Ortiz à pris son alternative avec le toro "Desobediente" (1er bis) de la ganaderia "Garcigrande" né en avril 2010, portant le numéro 21 et pesant 500kgs.
- Joselito à quitté les arènes du palio par la grande porte.
 
 
José Miguel Arroyo "Joselito" (Bleu marine et or) : 2 Oreilles / 2 Oreilles et la queue.
Morante de la puebla (Vert bouteille et or) :Saluts / 1 Oreille.
Cayetano Ortiz (Gris et or) : 1 Oreille / Silence.