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Vic (10/07/2021 – tarde) : Vic, tout sauf une corrida concours...

Visuel Vic 10072021TLa corrida concours de Vic est un rituel, un moment important de la temporada pour les aficionados qui font le déplacement dans le Gers. D’habitude, elle a lieu le Dimanche matin, il fait très chaud. Elle dure trois heures voire plus et nécessite une resena très complète de trois pages Word avec une police 12

 ; On y voit des toros encastés mis plus de trois fois en suerte partant au-delà de la quatrième marque tracée sur le sol du ruedo vicois. On n’y voit deux leçons de lidia de Lopez Chavès. Cette année, elle a eu lieu un samedi après-midi, a duré deux et quinze minutes. On y a vu un festival de mauvaises mises en suerte, de piques traseras, carioquées et bien trop fortes enlevant toute possibilité au toro d’être mis en valeur dans les trois tercios de la lidia. Lidia, un terme qui semblait banni du vocabulaire de l’ensemble des toreros présents ce jour car Lopez Chaves viendra bien à Vic mais pour toréer la corrida de Hoyo de la Gitana. Et en plus les toros manquaient pour la plupart des qualités requises pour figurer dans une corrida concours.
Et pourtant les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands. Présentation superbe des toros, présentation de chaque éleveur avant la sortie de son toro, annonce au micro du nom du toro de celui du picador et du cheval qu’il monte ; Tout montre l’intérêt que les vicois portent à l’organisation de cette course. Leur investissement n’a pas été payé de retour. Les toros étaient loin d’être bons mais ceux qui auraient pu permettre (Yonnet, Peñajara, San Martin) ont laissé trop de forces dans des tercios de piques indignes de Vic.
Pour ce qui est des toreros, il n’est pas sûr que le casting ait été à la hauteur des enjeux d’une corrida concours (cf le manque de confiance de Mota face au Fraile).
La resena sera donc brève.
Le premier est un toro de Fraile, superbement présenté, il est applaudi à son entrée en piste. Il prend deux premières piques sans pousser outre mesure. Mieux piqué, il se défend sous le fer à la troisième. C’est un manso, il a une charge courte. Il demande une lidia adaptée et autoritaire que Perez Mota, hors de forme et sans confiance, est incapable de lui proposer. Conclusion par une mete y saca prudente et un bajonazo. Silence pour le toro et le torero.

Le second est un Barcial, « superbement »dans le type de l’encaste, Suelto, il met quand même la tête dans la cape et permet à Sergio Serrano une bonne série conclue d’une très jolie demie. Très mal banderillé, le toro, andarin et avec peu de charge, s’éteint très vite à la muleta et finit même par s’aviser. Silence pour les deux.

Le troisième, Penajara de Casta Jijona, une estampe de toro, est ovationné à sa sortie en piste. Juste de force, lidié par les banderilleros, il est victime d’un attentat à la pique. Il prend trois puyazos carioqués, en arrière, beaucoup trop longs et fortes. Il arrive dans la muleta d’Adrien Salenc sans force ni envie. Le français abrège au bout de deux séries et tue d’un bajonazo prudent. Sifflets pour le Matador.

Le quatrième, Yonnet, est un joli toro bien dans le type de son encaste. Il est intéressant à la cape et nous redonne un peu d’espoir. Il prend, en poussant, une première pique beaucoup trop longue. Il y laisse beaucoup de forces et prend les suivantes avec moins de puissance et d’investissement. On sent que le toro a du fond, on voit qu’il est noble mais le moteur tourne au ralenti. La lidia approximative de Perez Mota avec la muleta ne va pas l’aider à reprendre le dessus. Ce dernier accumule les passes sans les finir et finit par lasser un toro qui, sans être un grand toro, permettait bien plus que ce que l’on a vu. Silence pour le torero er palmas pour le Yonnet.

Le cinquième, San Martin, lui aussi très armé est bien dans le type de son encaste. Mal lidié au premier tiers, il pousse à la première pique. Mal mis en suerte et mal piqué, il va quand même à mas mais difficile de le juger dans un tel contexte. Sergio Serrano n’est pas Lopes Chavès. Il va toréer en rond et en l’obligeant comme un Victorino rétif un toro noble à droite et très Santa Coloma dans son comportement, cherchez l’erreur. Et en plus, il tue mal.

Le sixième, Los Maños, est le moins bien présenté de la course. Il est contesté à son entrée en piste. Léger, anovillado presque avacado, il n’est pas dans le type des produits habituellement présentés par cette ganaderia. On a déjà vu des toros similaires dans cet élevage mais ils n’ont jamais été bons. Il prend une pique trasera, une dans l’épaule, une trasera carioquée et une quatrième qui ne s’imposait pas. Adrien Salenc se voit refuser son brindis par le public. Cela va le piquer au vif et il va essayer de se rattraper de sa prestation au troisième. Il donne les deux meilleures séries de l’après-midi. Le reste de la faena est marginale et ne pèse pas sur un toro, noble mais fade et manquant de race, qui l’entraîne dans le terrain des planches. Nouvelle entière basse. Palmas et quelques sifflets.

Bien entendu le prix au meilleur toro n’a pas été attribué.
A noter une organisation sérieuse et efficace qui a permis un contrôle rapide des pass sanitaires avant d’accéder aux arènes.


Fiche technique
Arènes de Vic, corrida concours
Toros dans l’ordre de sortie de Fraile, Barcial, Peñajara de Casta Jijona, Yonnet , San Martin et Los Maños superbement présentés, manquant de fond et mal lidiés pour
Jesus Perez Mota : silence, silence
Sergio Serrano : silence, un avis et silence
Adrien Salenc : pitos, palmas et quelques sifflets

Salut d’El Victor au premier
Dix neuf piques (puya Bonijol)
Cavalerie Bonijol
Belle entrée compte tenu des contraintes sanitaires imposées
Président : Philippe Lalanne
Heureusement il faisait beaucoup

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Matthieu Saubion