• 1

Nîmes (09/06/2019 - matinale) : Paco Ureña ouvre la Porte des Consuls et Pablo Aguado celle des cuadrillas...

©ElTico
©ElTico
L'Amphitéâtre Nîmois n'avait pas fait le plein alors que s'ébrouait le paseillo de cette "matinée de l'Art", comme on les aime ici. Et pendant deux toros, on se prit à penser que finalement, les absents cette fois n'avaient pas eu tort...

Mal nous en aurait pris si nous étions restés sur cette analyse plutôt facile, car deux heures et demie plus tard, le vent tourbillonnant qui avait tant molesté les muletas de Diego Urdiales et Pablo Aguado en début de course, était quasiment tombé et Paco Ureña ouvrait la première Porte des Consuls de cette Feria de Pentecôte. Certes, le cartel d'aujourd'hui, sans grande figura, n'est pas encore à même d'attirer le grand public aux arènes même si l'actualité récente, qu'elle vienne de Sévilla ou de Madrid, lui donne toute sa légitimité. La taquilla en a été témoin, même si la fréquentation n'avait rien de catastrophique. Mais cette matinale pourrait bien signifier un changement d'époque et les deux triomphateurs de cette matinale, signer un bail à durée illimitée avec les arènes de Nîmes.

Laurent Deloye ElTico

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Gêné par le vent, Pablo Aguado resta discret lors de la réception de son premier adversaire. Ce dernier prit deux piques anecdotiques, entrecoupées d'un quite par chicuelinas léchées du sévillan. Cérémonie de confirmation d'alternative. Sans atteindre une grande intensité, faute d'un adversaire sans belles dispositions, l'andalou servit une faena agréable qui connut les meilleures séquences sur la diestra avec quelques muletazos inspirés. Mort en deux assauts. Légers applaudissements.

Diego Urdiales resta également discret lors de la réception de son premier Victoriano. Au tercio de varas, le bicho se montra bravito sur un premier contact très appuyé avant un second anodin. Tercio de banderilles peu inspiré par la cuadrilla de l'espagnol. A la muleta, l'astado est plutôt du genre bagarreur, restant très court lors des échanges et donnant de vilains coups de tête. Tentatives timides du torero d'Arnedo qui se retrouva sans option de briller. Il tua cet adversaire compliqué en trois temps. Silence.

Paco Ureña lidia par fuera le troisième de l'envoi qui reçut une bonne dose de châtiment sur la pique initiale avant une seconde beaucoup plus mesurée. Au dernier tercio, le Victoriano maniable mais sans grande classe, permit au torero de Lorca d'exprimer sa tauromachie. Après des essais infructueux sur tribord, Ureña prit la main gauche et trouva le sitio idoine, traçant ainsi deux magnifiques séries de naturelles pures et profondes, déclenchant logiquement la musique. Retour sur la droite pour deux séries templées, impactant fortement sur le public, avant de poursuivre sur la courte distance dans un mouchoir de poche, récoltant de nouveau une forte ovation. L'espagnol remata ce labeur convaincant et valeureux par des doblones inspirés, suivis d'une entière placée à l'avant après pinchazo. Oreille.

Le quatrième pour Urdiales ne se montra guère intéressé par le capote de salida de l'ibère. Mauvais tercio de varas du lancier par une première pique trasera et très appuyée avant une ultime rectifiée et non précise. Au dernier tercio, l'espagnol ne se confia jamais face à cet animal sans classe qui ne l'inspira guère, abusant du pico et ne se croisant quasiment jamais. Faena marginale, sans relief ni impact sur les tendidos. Mort en trois tentatives lui faisant écouter le silence.

Le cinquième, dévolu à Paco Ureña, prit deux rations de fer sans éclat. Entame sereine et stoïque de l'espagnol par des statuaires allurées. Face à un exemplaire noble mais manquant de classe , Ureña réalisa une partition très plaisante, le tout sous les airs musicaux. Trouvant le bon rythme à donner à cet animal, l'espagnol en tira le maximum et gratifia le public de plusieurs moments remplis de toreria et de volupté. Lors des derniers instants, il distilla deux sublimes naturelles d'une pureté sans limite, faisant rugir le conclave. A la suerte suprême, Ureña logea une entière un poil de côté, libérant deux oreilles généreuses du palco après une forte pétition populaire.

Pablo Aguado écouta des olés appuyés lors de son capoteo de salida par veroniques de luxe. Tercio de piques mal donné, notamment sur une première ration rectifiée. Sur les premiers muletazos, le Victoriano se révéla noble mais juste de force. Lors de la première série droitière, un changement de main a camara lenta déclencha les accords de "Caridad del Guadalquivir", allant parfaitement avec la faena de l'andalou. Dans une prestation artiste, atténuée par le manque de conditions physiques du bicho, Aguado émerveilla le public par un toreo lent, templé et savoureux, conduisant le conclave en terres sévillanes. Il ponctua ce labeur majoritairement gaucher par une entière d'effet rapide, récoltant deux oreilles accordées simultanément.

 

Arènes de Nîmes (30)
Dimanche 9 juin 2019 à 11h30
6 Toros de Victoriano del Rio
Poids : 537 , 523 , 535 , 541 , 525 , 530.
Durée : 2h40
Temps passable , allant a mas
Présidence : L.Burgoa / C.T.Morante de la Puebla / C.T Vomitoire 105
Léger 1/2 plaza

D.Urdiales : Silence / Silence
P.Ureña : Oreille après avis / Deux oreilles après avis
P.Aguado : Applaudissements après avis / Deux oreilles

Sortie de Paco Ureña par la porte des Consuls, Aguado étant quant à lui porté à hombros jusqu'au patio de caballos.
Pablo Aguado confirma son alternative face au numéro 95 , né en décembre 2014 , 537 pesant kilos
A l'issue du paseo , les trois maestros ont salué.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico