• 1

Vic (08/06/2019 - matinale) : Dorian Canton à hombros à l’issue d’une novillada décevante...

©Matthieu Saubion
©Matthieu Saubion
A la longue liste des proverbes taurins, il va falloir rajouter « corrida de répétition, corrida de déception ». Très attendus après l’excellent lot qui avait ouvert la Féria Vicoise en 2018, les novillos d’El Retamar ont été décevants.

Très inégaux de trapio et d’armures, certains pointes vite abîmées en tapant contre les planches, ils ont manqué de forces et de piquant et par conséquent de transmission. Seul le dernier, le plus typé, a eu le comportement qui caractérise et fait l’intérêt des bichos d’encaste Nuñez.

Le premier est juste de forces. Il prend deux piques traseras sans pousser. Après un très bon tercio de banderilles, El Galo brinde son novillo au public et à Manolo Vanegas. Sur la première série, il cite le Retamar de loin. Le bicho vient mais s’arrête dès la sortie de la passe. Il a une charge courte et se défend plus qu’il n’attaque le leurre. Très vite et parce que le novillero ne pèse pas assez sur lui, il devient presque parado. Toro et faena vont à menos et Andrès Lagravère se fait accrocher la muleta sur les dernières manoletinas. Silence après deux pinchazos et deux tiers de lame en arrière.

Le second met la tête dans les premiers capotazos de Dorian Canton. Mal piqué, il pousse un peu plus à la seconde rencontre qu’à la première. Juste de forces, il accuse le coup après le premier tercio. Cite de loin pour commencer une faena qui restera très marginale et qui ne pèsera pas assez sur le novillo qui se raccourcit dès la quatrième série. La fin de faena est un peu brouillonne. Dorian Canton coupe la première oreille de la Féria après une très bonne estocade entière engagée et rapide d’effet.

Le troisième est un peu plus charpenté que les deux premiers. Suelto à sa sortie du toril, il prend en poussant un bon premier puyazo. Le second est plus anecdotique. El Galo partage les banderilles avec David Adalid pour un tercio de banderilles de bon niveau. Il commence la faena le long des tablas et amène ensuite le novillo au centre. Le bicho est soso mais le novillero ne trouvera pas le sitio et le rythme nécessaire pour peser sur l’animal. La faena est brouillonne, le toro finit par se décomposer. Fracaso à l’épée et sifflets pour le torero mexicano-gersois.

Le dernier, le mieux présenté et le plus dans le type est applaudi à son entrée en piste. Il prend deux puyazos, le premier dans l’épaule, légers en poussant un peu au second. Dorian se fait bousculer lors de la première cambiada. Le toro a besoin qu’on l’oblige pour baisser la tête. Comme à sa première le jeune novillero est appliqué mais ne se croise pas assez. La faena manque de transmission et reste probablement en dessous du potentiel de l’utrero. A la dernière série, celle-ci donnée en se croisant, le novillo humilie et ces derniers derechazos seront les meilleurs moments de cette tristounette matinée. Le président cède à l’obligation de la pétition majoritaire. Il accorde une oreille, qu’un petit nombre contestera, malgré une épée basse (et rapide d’effet).


Fiche technique : Arènes de Vic, novillada de la Féria 2019
Quatre novillos d’El Retamar justes de forces et de fond à l’exception du dernier pour :

Andrès Lagravère « El Galo » : silence, sifflets
Dorian Canton : une oreille, une oreille

Douze piques, cuadra Garcia
Salut de Manolo del Reyes au sixième
4/10ème d’arène
Soleil et température agréables

Thierry Reboul