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Nîmes (07/06/2019) : Thomas Dufau coupe la première oreille de la Feria à un El Torero de vuelta al ruedo...

©ElTico
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Le matador de toros Thomas Dufau a coupé la première oreille de cette Feria de Pentecôte après une faena servie dans un registre classique à un exemplaire d'El Torero dont la dépouille sera primée d'une vuelta al ruedo.

Pénalisés par des épées défaillantes et/ou des adversaires a menos, les deux autres français du cartel n'ont pas eu la même réussite et ont dû se contenter de saluer. Côté entrée et malgré une soirée perturbée par la pluie, du monde sur les gradins et c'est plutôt de bon augure, même si le froid qui s'est abattu sur les arènes après la grosse averse d'avant paseo, a considérablement limité l'ambiance sur les gradins.
Mais nonobstant les aléas taurins et extra-taurins qui ont limité le strict résultat statistique de cette corrida, il est quand même à remarquer que l'empresa Nîmoise, comme son homologue Arlésienne avec le mano a mano de fin de cycle Pascal, a tenu à mettre des toreros français dans les meilleures conditions possibles pour triompher, ce qui n'était peut-être pas le cas il y a quelques années et qui en dit long sur les progrès de la tauromachie française.

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Thomas Joubert salua avec beaucoup de douceur son premier adversaire avant de l'envoyer au groupe équestre pour trois rations prises en brave. A l'issue de ce tercio, Thomas Dufau réalisa un joli quite templé par chicuelinas, laissant entrevoir des qualités chez le quadrupède. Entame de faena de bel effet par doblones parfaitement ajustés, rematé par un changement de main alluré. Face à un animal noble mais manquant de transmission et allant rapidement à menos, l'arlésien servit une faena ambidextre plaisante, dans son style si personnel et pur, le tout agrémenté par luquecinas et changements de main. Manoletinas ultra serrées et redondo en guise de clôture de ce trasteo dessiné sous les airs musicaux. Une mort par demi lame suivie de deux coups de descabello lui ôta tout espoir de récompense. Ovation avec salut.

Thomas Dufau, visiblement très motivé, accueillit son exemplaire par deux largas de rodillas. Au tercio de varas, le bicho prit deux piques sans éclat avant de voir Andy Younes tracer un quite enjoué par chicuelinas et tafalleras. Après un brindis à Renaud Ripart, footballeur aficionado du Nîmes Olympique, Thomas Dufau réalisa un début de faena tonitruant par cambios au centre de piste. Trouvant instantanément le bon sitio à ce toro très collaborateur, le landais, citant de loin son opposant, ne mit pas longtemps à déclencher la musique et faire vibrer les étagères. Sur les deux bords, il enchaîna les séries avec temple, classicisme, volupté et élégance, connectant ainsi un peu plus avec un public conquis. Final par redondos avant de loger une entière à se mouiller les doigts, libérant logiquement une oreille du palco. La seconde oreille n'aurait pas fait désordre. Pour ma part, généreuse vuelta posthume au toro donnée plus pour sa très bonne tenue dans la muleta que pour son passage au tercio de piques qui ne restera pas dans les mémoires.

Andy réceptionna son adversaire par veroniques avant de le conduire au lancier pour deux prises de châtiment dont l'initiale en faisant chuter la monture. Quite de Thomas Joubert par gaoneras stoïques et millimétrées. L'arlésien connecta d'emblée avec les tendidos, débutant sa faena les deux genoux en terre. A la muleta, l'astado se montra noble mais de transmission et conditions physiques limitées. Sur chaque piton, cet astado permit en premier lieu à Andy de tracer plusieurs séries intéressantes avant que le tout n'aille à menos, faute d'un adversaire baissant clairement de pied. Le protégé de Curro Caro chercha les derniers passages dans une tauromachie encimista et conclut l'ensemble par une entière d'effet rapide. Légère pétition non accordée par la présidence. Ovation avec Salut.

Le quatrième de cette tarde pluvieuse se montra brave sous le fer, faisant chuter la cavalerie sur le premier contact avant de recevoir une forte dose sur la pique suivante. Une troisième pique fut administrée en mode picotazo. Thomas Joubert initia sa faena par doblones cadencés. Face à un exemplaire maniable, présentant ses complications, Thomas ne trouva matière à exprimer sa tauromachie. On retiendra tout de même une tanda de naturelles, pieds joints, très pures et esthétiques. Mort défectueuse après manoletinas finales. Silence.

Le cinquième du lot poussa avec force la cavalerie sur la première rencontre avant une deuxième où il mit bien les reins. Après un brindis au public, Thomas Dufau entama sa faena à genoux mais après deux derechazos il dut se remettre sur pieds. Tirant le maximum d'un opposant maniable mais manquant de force et de transmission, le français édita une prestation variée et agréable, sans que le tout ne puisse monter en intensité faute de matière première propice au triomphe. Mort par lame entière concluante qui déclencha une pétition d'oreille, non cédée par le palco. Ovation avec salut.

Andy se distingua par une réception capotera vibrante et variée, conduisant ensuite son astado au cheval pour deux piques bien posées. Après des passes cambiadas osées, plein centre, l'arlésien dut composer avec un animal à demie charge, supérieur sur la rive gauche. Andy imprima un trasteo volontaire, connaissant les meilleures séquences par naturelles lechées avant de conclure dans des terrains rapprochés. Mort en quatre temps. Applaudissements.


Arènes de Nîmes (30).
Vendredi 7 juin 2019 à 18h.
6 toros d' El Torero
Poids : 534 , 531 , 523 , 547 , 557 , 541.
Durée : 2h40
Temps pluvieux
Présidence : B.Angelras/ M.Layalle/ M.Viallet.
1/3 de plaza.

Thomas Joubert : Ovation avec Salut après avis/Silence après avis.
Thomas Dufau : Oreille/Ovation avec Salut.
Andy Younes : Ovation avec Salut/ Applaudissements.

Une minute d'applaudissements fut observée en mémoire de "Dudule", célèbre monosabio de la cavalerie Heyral, récemment disparu.
Vuelta posthume au toro sorti en deuxième position, numéro 15, né en janvier 2015, pesant 531 kilos.

Alexandre Guglielmet

Voir le reportage photographique : ElTico