Dans ce contexte, le vote de la loi interdisant les corridas en Catalogne apparaît comme un
geste symbolique par lequel la Catalogne signifie à l’Espagne qu’elle n’en fait pas partie, et elle
le lui démontre en rejetant sa « Fiesta Nacional ».
Elle n'en constitue pas moins une atteinte à la liberté culturelle de l'ensemble des citoyens
vivant en Catalogne, et en particulier des aficionados, quand bien même ceux-ci se
trouveraient en minorité. Rappelons qu'une convention de l'UNESCO consacre le principe du
respect de la diversité et de la liberté dans tous les domaines touchant au patrimoine et à la
culture, en posant comme seule contrainte leur conformité à la Déclaration universelle des
droits de l'homme.
UNE LOI SANS INCIDENCE PARTOUT AILLEURS
Cette loi, contre lequel un recours constitutionnel suspensif va être déposé en vue
d’annulation,n’entraînerait au demeurant que la fermeture dans un an de la seule arène de
Barcelone, alors que dans les 16 autres Comunidades espagnoles la Fiesta sort renforcée du
débat auquel sa discussion a donné lieu, grâce au statut de Bien d’Intérêt Culturel qui lui est
concédé, et qui la rend définitivement inattaquable.
PAS DE REMISE EN QUESTION DU MODÈLE FRANÇAIS
Dans le cas où la loi d’abolition ne serait pas invalidée - ce qui semble improbable au regard
de l’atteinte à la liberté culturelle et de travail qu’elle induit, indépendamment du fait qu’elle
porte atteinte à la Constitution - la situation nouvellement créée en Espagne serait
comparable à celle qui existe depuis toujours sur le territoire français où la corrida est
autorisée dans les régions de tradition (4 sur 22) et interdite en dehors de celles-ci, en vertu
d’une exception culturelle reconnue par la loi, confirmée par la jurisprudence et entérinée en
2009 dans le cadre des rencontres « Animal et Société » organisées par le gouvernement.
(communiqué) |