Féria des Vendanges 2007 14 septembre 2007 Pour "El Fundi " ; Juan José Padilla et "Rafaelillo" |
Entrée : 8/10ème d'arène
Temps : Beau temps.
A dix sept heures quarante trois, ce quatorze septembre, le premier toro de Miura foula le sable des arènes de Nîmes. Pour cause de langue bleue, ce spectacle angoissant ne s'était pas produit depuis trois années dans les arènes françaises, trois longues années pour les tenants de la marque. La leyenda negra était de retour. Ce fut la guerre durant près de trois heures.
"El Fundi" a beaucoup donné devant les monstres de Zahariche. Ils lui ont tout apporté. Mais l'homme sait qu'ils peuvent tout lui reprendre et malgré ce, il est toujours là. Son premier, immense, n'avait pour lui que sa relative faiblesse. Dangereux à droite, impossible à gauche, il se retournait comme un chat. Le Maestro lui arracha la première oreille de la tarde. Le quatrième était un authentique Miura. "Fundi" se joua la peau devant cet animal qui, dès son entrée en piste, savait tout de lui. Averti d'un puntazo à l'arcade gauche, le torero de Fuenlabrada fonçait malgré tout fort et droit à l'estocade et recevait une deuxième oreille synonyme de triomphe amplement mérité. Oreille / Oreille.
Juan-José Padilla rencontra en entâme un Miura noble ... mais faible. Venant de loin, humiliant dans la muleta, il passait "pero bueno..." Après une faena sans relief car sans émotion, le public demandait au "Cyclon" de bien vouloir abréger. Son second n'était pas du même accabit. Juan José lui servit une faena de guerrier dans un premier temps, qui se délita au point de tomber dans la vulgarité sur la fin, si tant est qu'on puisse taxer un homme qui se joue la vie dans de telles conditions de vulgaire. Après des manoletinas où chacun des deux adversaires faisait la moitié du chemin, le cornu fut couché d'une entière en place. Salut / Oreille
"Rafaelillo" a donné une nouvelle leçon de courage. Lui a combattu deux vrais Miuras aujourd'hui, et ne s'en sort entier que par miracle. Averti d'une impressionnante voltereta par son premier, il ne se résigna pas et livra une importante bataille, qui aurait certainement valu une oreille si la mort avait été plus rapide. Le sixième du jour l'accrocha sur sa deuxième passe de rodillas, plein centre du ruedo. La suite se passe de commentaires. Le bicho savait qu'il avait touché, et ne cherchait plus que çà... Les fémorales ; les jugulaires ; le ventre ... Dix minutes éprouvantes d'une faena toute de courage et d'abnégation et, au terme, une estocade a toda ley et une oreille de guerrier. Vuelta / Oreille
Laurent Deloye "El Tico"
©Daniel Chicot