Féria du 15 août à Béziers 15 août 2006 (soir) 6 toros de VALDEFRESNO 6 Pour Denis Loré ; Antonio FERRERA et Yvan Garcia.
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C'était la dernière corrida de la Féria. Déja, quelques gouttes étaient tombées sur les allées Paul Riquet et les organisateurs, prudents, avaient bâché le ruedo dans l'attente du déluge annoncé. La course débutait sous un ciel noir et menaçant. On attendait beaucoup de ces Valdefresno qui avaient déjà séduit toristas et toreristas un petit peu partout cette saison.
Le premier fut légèrement protesté pour boiterie au premier tiers, mais, brindé par Denis Loré au public malgré ce, il donna le ton à la tarde. A partir de ce moment là, du public montait le sentiment que si la corrida devait s'arrêter là, c'était déjà pas mal, puis bien, puis très bien quand le cinquième fit la vuelta sans ses deux oreilles.
Le ciel était vraiment très noir. D'aucuns rêvaient d'un vin chaud et de ce qu'ils pourraient dire de cette course déjà triomphale quand sortit l'ultime toro de cette édition 2006, "Cara Alegre", n°2, negro, 545 kg, né en mars 2001. Dès la première pique, on se doutait que l'on avait affaire à un toro d'exception. "Cara Alegre" restait de longues minutes les cornes engagées dans le peto, mettant les reins sans qu'aucun des péons au quitte n'arrivent à le détourner de sa proie. La musique jouait. Yvan Garcia, devant nous, avait un sourire qui en disait long.... Après une deuxième rencontre aussi poussée, le maestro nous gratifiait d'un beau tercio de banderilles, le toro lui collant aux basques aux quatre coins du ruedo. Puis vint la faena de muleta. Cites de loin, rapprochés, pechos interminables... Durant de longues minutes qui ont paru si courtes, "Cara Alegre" illumina de toute sa classe les débats. Yvan Garcia ne pliait pas sous les charges incessantes du fauve. Du public jaillirent les premiers "indulto !". Yvan Garcia continuait son oeuvre, conscient de ce que ce toro pouvait lui apporter. "Cara Alegre" ne faiblissait pas. Inlassablement, il cherchait à attraper ce leurre qui se dérobait devant lui. Alors, comme une évidence, il apparût à tous que cet animal ne pouvait pas mourir aujourd'hui. Et lui qui avait été refusé à Bayonne l'an dernier, puis à Madrid cette année, s'apprêtait à regagner ses pâtures de Salamanca pour la troisième fois.... "Cara Alegre" regagnait le toril vivant et comme tout le monde pleurait, le ciel pouvait également fondre en larmes ...
Denis Loré tua mal son premier, ce qui le priva d'au moins un appendice. Devant le quatrième, après une faena sérieuse et de haut niveau et malgré un nouvel échec relatif aux aciers, il récolta une grosse oreille très méritée. Salut après avis / Oreille
Antonio Ferrera fut prudent devant son premier, auquel il coupa malgré tout une oreille. Devant le cinquième de la tarde, qui fût gratifié d'une vuelta al ruedo, après un extraordinaire tercio de banderilles, il subit les charges vibrantes de son adversaire plus qu'il ne le domina. Le public obtint les deux oreilles demandées. Sagement, la présidence décerna la vuelta non réclamée à son superbe adversaire. Oreille / Deux oreilles
Yvan Garcia toucha un premier opposant d'une extrême noblesse auquel il coupa un appendice. Tout est dit sur son second opposant. S'il devait y avoir un bémol, il concernerait la queue symbolique octroyée à Yvan Garcia alors que le toro s'est "pardonné la vie" tout seul, le torero ayant le mérite de se hisser à sa hauteur. Oreille / Deux oreilles et queue symboliques.
Une GRANDE CORRIDA DE TOROS donc, avec un indulto qui donnera certainement lieu à des commentaires mi figue / mi raisin de la part des absents, mais qui laissera dans les mémoires des sept mille spectateurs du 15 août 2006, un souvenir impérissable.