Il redoubla d'efforts à la cape face à son second cherchant à personnaliser le tout grâce à quelques chicuelinas inversées de tout beauté. Muleta en main l'excellent becerro du début se révéla finalement un poil moins franc. Il fallut énormément lui baisser la main et enchaîner les passes en respectant un rythme bien précis afin de parvenir à canaliser ces affronts. Mis en difficultés Mathieu n'abandonna pas et exploita les bons côtés de ce becerro, notamment sur la corne gauche. Une entière en place, une oreille.
Victor Alvarez : Echoua lors de premier cambio et se fit violemment emporter la jambe droite, ce qui ne l'empêcha pas de le retenter cette fois-ci avec succès. Le becerro, lui, révéla déjà d'immenses qualités dans le leurre chargeant avec alegria et moteur, doté d'une noblesse délicieuse. Victor mit un petit temps à s'accorder à un telle ardeur puis se posa à droite enchaînant les passes sur un pas dans une attitude relâchée. A gauche par contre il ne fallut pas oublier de perdre du terrain sous peine de se faire rapidement rattraper. Il termina par quelques manoletinas méritoires avant de pincher une fois. Une entiere. Applaudissements.
Il mit un temps à s'accorder à son second à la cape puis, comme au premier se posa sans crier gare menant loin dans le leurre ce formidable becerro. Chargeant de loin et toujours au galop au fil des séries, il ne refusa aucun toque. Victor, lui, gagna peu à peu en confiance et donc en aguante. Il termina par statuaires assis sur les reins magnifiques prouvant que le becerro était toujours aussi extraordinaire. Une demie lame. Une oreille.
Alejandro Rubio qui recevait sans doute le plus fort novillo qui lui ait été donné de toréer n'en fut pas impressionné pour autant. Il enchaina avec goût à la cape, laissant déjà entrevoir sa personnalité. Il débuta d'un excellente manière à la muleta par doblones ressentis. Très vaillant et même artiste il soigna chaque détail sachant que le morillo de ce novillo lui arrivait déjà au niveau des yeux, alors les cornes ! Sans y faire attention il baissa la main à droite pour une profondeur qui fit rugir les gradins. Il acheva par statuaires plus que serrées sur la corne gauche. Un pinchazo, une demis lame, une oreille.
Lors de son second le banderillero Marco Antoine Romero se fit remarquer par une excellente paire de banderilles. Son becerro sans mauvaises intention révéla pourtant la facheuse tendance à partir se réfugier aux planches au départ. En opposition au précédent il fallut cette fois ci ne pas douter face à de nettes hésitations et toujours solliciter avec forces ces difficiles arrancades. Un pinchazo, une belle entière, descabello et une nouvelle oreille.
Marie Barcelo
Reportage photographique : El Tico 