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L'aficion Lunelloise pleure Georgette Gauthier

 

georgette gauthier

Il y avait "no hay billetes" dans l'église de Lunel le samedi 23 mai au matin pour rendre un dernier hommage à une femme d'exception : Georgette Gauthier. Depuis sept ans elle luttait contre la maladie avec un courage exemplaire. Portée par le soutien de ses proches et son aficion a los toros, elle s'est battue comme un vrai torero, livrant une dernière faena émouvante. A l'entrée de l'église se trouvait une grosse gerbe de fleurs bordée d'un ruban au nom de Victor Mendez, son ami, son torero.

Elle était d'ailleurs la formidable présidente de son club taurin créé le 22 septembre 1986. Ce club, initialement exclusivement constitué de femmes, les amies de Georgette, est né de l'amitié qu'elles avaient eu pour Victor alors qu'il était venu toréer de novillero à Lunel à peine deux mois avant. C'est dire si le coup de foudre avait eu lieu. Peu a peu le club taurin va s'étoffer jusqu'à compter de vrais passionnés de tauromachie espagnole comme Jean Jorge (qui nous a aidé à la création de cet article) et bien sur son époux, Alain Gauthier.

Deux ans après aura lieu le premier voyage au Portugal, chez Victor. De cet épisode vont naitre les premiers souvenir extraordinaires de Georgette qui se dévoue plus que de raison pour faire vivre sa pena et soutenir le torero. Ainsi, beaucoup de conférences seront organisées en présence du Maestro qui viendra même dédicacer son livre autobiographique à Lunel. Il avait aussi pris part à un débat avec maître Gérard Christol et Alain Nimeno avait lu des textes de Garcia Lorca.

Mais Georgette ne se contentait pas de soirées enrichissantes et passionnantes, elle voulait apporter quelque chose à sa ville, un sentiment taurin par l'intermediaire de sa pena. Elle fut donc à l'origine des bodegas de Lunel. Ce n'est en effet que depuis que la pena les organise qu'il existe ces soirées conviviales, ces réceptions de toreros et remises de prix. Elle organisa même trois messes sévillanes jusqu'en 2008 qui connurent un franc succès. Tout comme les anniversaires de la pena qu'elle avait imaginé puis planifié avec goût et talent : d'abord les dix ans de la pena en 1996, se déroulant sur deux jours de tientas en présence du maestro, puis les 20 ans sans lui mais aussi riche en tientas et conférences, animées et vivifiées par des professionnels, tous amis de Georgette.

En effet cette femme de passion était peu à peu devenue quelqu'un d'important dans la tauromachie, amie avec les plus grands maestros tels que Paco Ojeda, Campuzano, Angel Peralta et Gonzalito, le mozo de espadas de Victor à l'époque, avec qui elle entretenait une aficion toute particulière.

Aujourd'hui donc, tous nos sentiments les plus affectueux et les plus taurins vont à Georgette, elle qui, une chose est sûre, sera toujours présente dans chaque muletazo, chaque souffle de la bête, pour que, tant qu'il y aura des corridas, on se rappelle de cette femme à part.

Marie Barcelo

 

 

 

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