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Je ne suis pas Istréen, mais ma première émotion fut de voir le fer mythique de "Miura" tracé en plein coeur du ruedo des arènes du Palio. Que de chemin parcouru pour en arriver là, mais en si peu de temps finalement... Comme quoi tout est question de volonté et de courage. Courage politique, car il en faut à notre époque pour afficher sa ville "taurine" et nous tirons une nouvelle fois notre chapeau à monsieur Bernardini, qui a succédé à Mme Joulia à la tête d'une cité qui veut sa Feria. Bravo. Et le public ne s'y est pas trompé, qui à l'heure d'un paseo retardé de dix minutes pour cause d'embouteillage à la taquilla, garnissait les étagères jusqu'au faîte. Des émotions, nous en aurons d'autres dans les deux prochains jours.
Les toros de Miura sont sortis dans le type, de présentation inégale mais accusant assurément tous le poids annoncé sur le panneaux. Ils ont rencontré à huit reprises les groupes équestres de la cavalerie Heyral, la plupart mettant les reins, mais accusant aussi une certaine faiblesse à l'issue du premier tiers. Le cinquième fut primé d'une vuelta al ruedo posthume.
José Ignacio Ramos hérita du meilleur lot, son premier se révélant juste de force et de race, mais bon collaborateur et créant le danger plus par faiblesse que par vice. Le torero de Burgos initia sa faena de belle façon à droite, avant de buter un peu sur la corne gauche où son toro semblait plus rétif. Après maintes difficultés pour fixer son adversaire au moment de vérité, il essuya deux échecs aux aciers et vit s'envoler le trophée d'ouverture de la Feria. Il profita ensuite avec bonheur, ce n'est pas si fréquent pour lui, des bonnes dispositions du quatrième qui, tout en restant Miura, permettait de lier les muletazos pour peu qu'on ne le doute pas. Mais un nouvel échec dans la suerte suprème l'empêchait de concrétiser les bonnes impressions laissées muleta en main. Silence / Salut |