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jean louis lopez

Vocation ou hérédité

 

juan bautista

Photo : Archives El Tico

Les aficionados connaissent parfaitement ce sujet : les matadors de toros actuels sont souvent les fils de toreros retirés, ou bien possèdent dans leur famille, plus ou moins proche, un torero qui fut célèbre.

On sait par exemple que Marcos Sanchez Méjias était issu de la lignée de Fernando et Rafael El Gallo, de Joselito et d’Ignacio Sanchez Méjias. On sait également que la carrière de Marcos, pourtant prometteuse à l’époque où il était novillero, fut relativement brève. Et peu convaincante.

Mêmes origines prestigieuses pour Martin Pareja Obregon, fils de Juan de Dios ou encore pour Manolete. Ou encore de nos jours pour Francisco Rivera Ordonez et son frère Cayetano, tous deux fils du regretté Francisco Rivera Paquirri. On citera également le Nino de la Capea, Angel Teruel, Palomo Linares, ou Fermin Bohorquez, Joao Moura, Alejandro Espla, Julio Benitez El Cordobes, Cesar Giron, Rafael Camino, Miguel Baez Litri, Julio Aparicio. On se souvient, plus récemment, de Robert Piles, fils de José Piles, de Pierre Pouly, descendant d’une véritable lignée de toreros.

Mais le succés, le grand succés, il est rarement au rendez-vous. Seul Manzanares, le fils de José Mari, est à l’heure actuelle proche des sommets artistiques. Julian Lopez El Juli n’a pu conserver une place prédominante que lorsqu’il s’est éloigné de son père. Même situation pour Jean Baptiste Jalabert, que son père Luc, directeur des Arènes d’Arles et qui fut un bon rejoneador, protège dans la mesure de ses possibilités. Christian Nimeno n’eut sans aucun doute, pour sa part, qu’à se réjouir du rôle occupé par son frère Alain.

A la question posée par un journaliste « Quelle est la plus grande qualité pour un torero ? », André Viard, qui menait alors la carrière de Richard Milian, avait répondu « Etre orphelin de père ! ». Une réponse qui lui avait provoqué l'ire du géniteur de Richard Milian. Logique.

Faut-il dire que le père d’un torero joue un rôle néfaste dans l’exercice de l’activité d’un fils ? Sans doute pas. Quoique…

Que peut souhaiter un père pour son fils ? Qu’il triomphe dans la voie qu’il a choisie… Car il s’agit bien d’un choix, d’une décision prise par le fils. Et qui allait bien souvent à l’encontre des voeux du père. Jean Baptiste Jalabert a décidé tout seul d’exercer ce dangereux métier, tout comme la plupart de ses confrères dans une situation identique. El Capea fils a déclaré que sa motivation, c’était « d’être à la hauteur de mon père dans une arène ».

S’agit-il de vocation ou d’une simple question d’hérédité ? Seul la psychanalyse pourrait y répondre...

Jean-Louis Lopez

jll

 

 

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